L'Union du Cantal 04 octobre 2006 à 00h00 | Par Benoît Parret

L’Adeca revient à l’équilibre et s’engage dans les filières

L’Adeca 15 voit ses difficultés s’éloigner doucement. L’association des éleveurs souhaite jouer son rôle dans la mise en marché et l’organisation des filières.

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Environ 80 personnes participaient vendredi à Murat à l’assemblée générale de l’Adeca.
Environ 80 personnes participaient vendredi à Murat à l’assemblée générale de l’Adeca. - © L'Union du Cantal

“Notre résultat comptable est bon cette année, mais permet seulement d’atteindre l’équilibre sur les deux derniers exercices”, a relevé le président Denis Costerousse lors de l’assemblée générale de l’Adeca 15, réunie le 29 septembre à Murat. “Mais aujourd’hui, nous sommes reconnus et nous comptons bien peser dans l’organisation de l’agriculture cantalienne”. Les mauvais jours semblent derrière pour l’association d’éleveurs, qui a su faire preuve de rigueur et tenir sa fonction d’organisation de producteurs dans la mise en marché. Cette bonne santé a été d’ailleurs relevée par Jacqueline Fournier, représentant la DDAF. Le nombre d’adhérents de l’Adeca 15 reste stable avec 1 102 éleveurs (contre 1 119 un an plus tôt), dont 31 nouveaux et une légère progression du nombre d’acheteurs (219 en 2005). La répartition est homogène sur tout le département, permettant sur certaines productions de jouer les complémentarités et de bénéficier d’une diversité de produits. La catégorie principale reste le jeune bovin mâle destiné à l’engraissement.

Le nombre d’adhérents stable
La politique mise en place par l’association sur l’étalement des ventes, le rajeunissement du produit et la segmentation de l’offre a permis de réduire la fluctuation des prix et d’apporter de la valeur ajoutée aux éleveurs. L’engraissement a concerné 12 800 animaux, avec en 2005 une augmentation en vaches et une baisse en génisses. La commission de mise en marché, qui regroupe les éleveurs et les acheteurs, a donné satisfaction en fournissant des informations synthétisées disponibles sur la messagerie Oribase avec des orientations précises de prix par catégorie. Les prix appliqués se situent dans la fourchette haute du marché. “Il y a cohérence entre les orientations et les prix pratiqués”, s’est félicité Jean-Luc Lacombe, membre du collège des acheteurs. “Nous devons travailler en confiance pour que ce système serve au mieux les intérêts de chacun”, notait à son tour Denis Costerousse. La filière conventionnelle du broutard représente une part importante avec 32 000 animaux soit 70 % de l’activité. Cependant, l’Adeca 15 s’est fortement engagée sur des filières de qualité “pouvant tirer les prix vers le haut”. Parmi elles, la filière broutard “Hérédia non OGM”.
“Le label rouge salers doit marcher”
Mise en place courant 2005, la filière salers “Castel Viandes” a pour intérêt de répondre à une démarche innovante en partenariat avec une société privée d’abattage dans le but de fournir une chaîne de restauration. Il s’agit d’approvisionner en broutards salers non-OGM (445 qualifiés IBR en 2005) des centres d’engraissement du nord-ouest de la France. Le label rouge “veau sous la mère”, qui concerne principalement la Châtaigneraie et la Margeride, voit les apports baisser depuis plusieurs années compte tenu de la réorganisation des exploitations et de la charge de travail que cela implique. L’Adeca 15 souhaite soutenir cette filière susceptible de générer une plus-value intéressante et dont le principal débouché reste celui des boucheries artisanales. “Nous voulons nous impliquer dans les filières locales avec l’association Viande qualité du Cantal pour l’obtention d’une IGP sur le Boeuf du Cantal et en faveur du Label rouge salers”, a rappelé M. Costerousse. À propos du Label rouge salers justement, le président de l’Adeca 15, habilitée à qualifier les élevages (seulement 6 animaux commercialisés en 2005 !), a précisé sa pensée : “Il n’y a pas de raison que ce label ne fonctionne pas à l’image des résultats pour l’aubrac. Cependant, le cahier des charges doit évoluer car certains points n’ont rien à voir avec la qualité de viande recherchée. Le label ne doit plus être réservé aux seules boucheries artisanales mais aussi à la grande distribution”.

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