L'Union du Cantal 24 octobre 2007 à 00h00 | Par Frédéric Pigot

Investir ou fermer ?

Entre partisans du dépôt de bilan et poursuite des investissements, les débats du conseil communautaire du Pays Gentiane ont été denses sur la question du Scénoparc iO.

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Une fois de plus, le Scénoparc s’est imposé à l’ordre du jour du conseil communautaire du pays Gentiane. Pour 2007, iO devrait accuser un déficit d’exploitation de 300 000 euros pour une fréquentation de 21 000 visiteurs. C’est ce qu’a annoncé Pierre Fouillade, président de la Société d’économie mixte (SEM), après que Charles Rodde, président de la communauté de communes, ait lancé le sujet sur la base du rapport produit par le cabinet Protourisme à la demande des conseils régional et général. “Il faut absolument, à la fin de cette réunion, que l’on ait pris une décision”, a déclaré Charles Rodde. La mission d’expertise souligne que l’équilibre financier apparaît peu réaliste. Elle précise que le Scénoparc est à l’écart des flux touristiques et que sa fréquentation oscillera autour de 20 000 visiteurs avec un réinvestissement de 300 000 à 500 000 euros tous les trois ans. “Sans réinvestissement, sa fréquentation pourrait, à terme, descendre entre 10 000 et 15 000 visiteurs”, précise le rapport. La fermeture engendrerait un coût annuel de 120 000 euros. Le débat qui a suivi cet exposé a fait naître des divergences dans la démarche à adopter. Guy Delteil a demandé si la solution la plus raisonnable n’est pas celle d’un dépôt de bilan et d’une procédure de redressement judiciaire pour protéger les membres de la SEM et du Syndicat mixte. “Cela permettrait de présenter un plan de redressement crédible et, très probablement, de débloquer la situation avec le Conseil général et Conseil régional, voire de trouver un repreneur”, a estimé le maire de Riom-ès-Montagnes. “Ce serait la plus mauvaise des solutions”, a répondu Pierre Fouillade.
Face aux récents problèmes de gestion, une délégation de service public
est envisagée par certains élus.
Face aux récents problèmes de gestion, une délégation de service public est envisagée par certains élus. - © F. P.

Dépôt de bilan ou replâtrage ?

“On a quand même été trompé de la part de Taxi Brousse qui nous annonçait 70 000 visiteurs”, a poursuivi Claude Doizié, adjoint à Menet, en suggérant de faire un stand-by d’une année sans investissement. “On ne ferme pas. On n’investit pas et l’on se dit : qu’est ce qu’on fait ?” “Il ne faut pas prendre le contribuable du pays Gentiane pour une vache à lait”, lance quant à lui Thierry Charbonnel, élu de Riom-ès-Montagnes. De son côté, Gaston Mourgue, maire de Saint-Amandin, s’est déclaré favorable à une fermeture d’une année dans la perspective d’une éventuelle délégation de service public. “On nous a fait croire que Taxi Brousse étaient des gens compétents. On s’est fait avoir, on ne l’a pas vu venir”, a constaté Gilles Roche, maire-adjoint de Riom-ès-Montagnes, avant de rappeler que les investissements ont déjà été particulièrement lourds pour une fréquentation semblable à celle de l’église de Cheylade ou du Gentiane express. “Réinvestir, c’est idiot. Il faut fermer, restructurer, il y a des choses à faire. Il y a plein de solutions”, estime l’élu riomois. “Les gens, ils en parlent et la très grande majorité disent “arrêtez vos conneries” (sic). On est élu pour écouter ce qu’ils nous disent ». “J’ai entendu le même discours à Eurodisney”, a rétorqué Marc Belaiche, élu trizacois, qui se refuse à baisser les bras. “Je vote contre ces investissements”, a déclaré Gaston Mourgues, maire de Saint-Amandin. “Je m’opposerai à ce qu’on fasse du replâtrage. Il faut s’engager avec le Conseil général et le Conseil régional”, a assuré Guy Delteil en se désolant de devoir prendre une décision en l’absence de ces interlocuteurs, également impliqués dans le Syndicat mixte. François Juillard, maire de Cheylade, de remarquer que tous les bénéfices de la publicité seraient perdus en cas de fermeture. 

Combler le déficit

De son côté, Michel Jolliot, maire de Menet, a suggéré de confier la restauration à un privé. En matière d’investissement, il a plaidé pour la mini ferme et les jeux pour enfants. Un choix que Marc Belaiche a cautionné en assurant que : “Si l’on ferme, on ne rouvre pas”. ”On en a besoin, comment faire pour le conserver”, interrogeait Guy Delteil. “On n’a pas d’autre choix. Il faut combler le déficit”, constatait Jean-Luc Vergeade, maire de Trizac, avant de poursuivre : “Il faut transformer la SEM en délégation de service public, trouver un repreneur ». Nous, on joue avec l’argent des autres”, a remarqué Gilles Roche. ”Tu devrais venir diriger la Sem”, lui a lancé Pierre Fouillade avant que l’intéressé ne réponde : “Je suis décidé et ça marchera autrement ». Laurent Delbos, le directeur du Scénoparc qui va prochainement quitter ses fonctions, a rappelé que les charges continuent à tomber et qu’une décision s’impose. Charles Rodde a demandé à l’assemblée de voter à bulletin secret. 

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