L'Union du Cantal 13 juillet 2011 à 14h39 | Par P. Olivieri

Georges Pompidou - “On n’a pas vu tout ce qu’il avait fait pour préparer l’avenir”

Au cours d’une visite de trois heures à Montboudif, Nicolas Sarkoy a marché dans les pas de son prédécesseur Georges Pompidou auquel il a rendu un long hommage.

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Depuis un petit moment déjà, les communications des portables ne passent plus, les réseaux sont à l’évidence brouillés pour l’occasion. Le geste de tourniquet de l’index levé du chef de la sécurité annonce l’arrivée imminente de l’hélicoptère militaire qui emmène ce mardi 5 juillet le président de la République au village natal d’un certain Georges Pompidou. Premiers applaudissements dans la foule installée derrière des barrières tout au long de la rue centrale de Montboudif tandis que Nicolas Sarkozy, accompagné du président du Sénat Gérard Larcher, de Jean-François Copé, Brice Hortefeux et Henri Guaino, est accueilli aux abords de l’ancienne école communale par les parlementaires et élus locaux. Et montée d’adrénaline pour Patrice Lenegre et Daniel Papon, tous deux conseillers municipaux de Montboudif qui préparent l’événement depuis 15 jours.

Depuis bien longtemps en effet, la commune de 370 habitants n’a plus connu une telle affluence et un tel feu médiatique. “C’est bien pour le village”, estime Colette, native de Montboudif, une commune désormais orpheline de tout commerce. Cette octogénaire garde le souvenir d’un Georges Pompidou “simple citoyen, qui allait à la pêche aux écrevisses dans le Gabacut. C’est bien que cet homme resté vraiment simple permette de faire connaître encore aujourd’hui le Cantal et l’Auvergne”.

Quelques pas et mains serrées et c’est le premier hommage présidentiel solennel à l’enfant du pays avec le dépôt de gerbe devant le buste de Georges Pompidou auprès duquel ont pris place les hommes du 92e régiment d’infanterie de Clermont-Ferrand, celui-là même où servit Georges Pompidou. Puis le dévoilement d’une plaque au musée Pompidou que Nicolas Sarkozy visite au pas de course avant d’oblitérer dans le bureau de poste provisoire installé sur la place du village le timbre à l’effigie du 19e président de la République. L’échange qui suit avec les responsables agricoles cantaliens dénote un peu dans ce protocole minuté mais Nicolas Sarkozy sait à l’évidence qu’il ne peut faire l’impasse sur la détresse d’un monde paysan si cher à Georges Pompidou.

 

Un chef de l’État souriant et visiblement à l’aise sur cette terre rurale.
Un chef de l’État souriant et visiblement à l’aise sur cette terre rurale. - © P.O.

Pompidou visionnaire

 

Après une rencontre dans l’intimité avec la famille Pompidou, direction l’immense chapiteau monté à l’entrée du village où plus de 2 000 personnes attendent le discours du chef de l’État. Une allocution d’une trentaine de minutes où les plus anciens ont retrouvé les grandes étapes de la vie de cet héritier “de tant de générations de paysans du Cantal” mais aussi le caractère trempé, travailleur et droit de celui qui arriva à la politique “à pas lents”. Un discours où d’autres ont sans doute découvert l’ampleur de l’héritage laissé par un Georges Pompidou dont la “fin bouleversante (...) fit presque oublier ce qu’il avait accompli de son vivant”. “On n’a pas vu tout ce qu’il avait fait pour préparer l’avenir”, dira Nicolas Sarkozy.

Et pour illustrer toute la singularité faite de pragmatisme, réalisme et d’esprit visionnaire de l’homme d’État modernisateur, Nicolas Sarkozy a lu la lettre que ce dernier adressa à son Premier ministre pour déplorer une circulaire décrétant que la sécurité routière passerait par l’abattage systématique des arbres le long des routes en notant “par contre que l’on envisage avec beaucoup de prudence et à titre de simple étude le déplacement des poteaux électriques et télégraphiques”. L’occasion pour l’actuel chef de l’État de rappeler aussi que c’est à Georges Pompidou, “cet adepte du progrès économique et de l’expansion”, que l’on doit dès 1971 la création du ministère de l’Environnement.

“Qu’avons-nous fait depuis 40 ans de cet héritage ? Serons-nous capables d’opérer à nouveau cette synthèse féconde entre tradition et modernité, entre initiative privée et un État entrepreneur ?” En écho à cette interrogation pleinement légitime 37 ans après la mort de celui que les Français “admiraient et aimaient”, Nicolas Sarkozy renvoie à une phrase de Georges Pompidou, sciemment sélectionnée : “Face à une contestation purement négative, un conservatisme condamné d’avance à l’échec, c’est par l’action et le mouvement que l’on construit l’avenir.” Un message taillé sur-mesure pour celui qui n’était, mardi, pas - vraiment ? - en campagne.

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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