L'Union du Cantal 24 juillet 2019 à 14h00 | Par J.-M. Authié

Gentleman Jack, ou l'histoire d'un passionné de rugby, amoureux de la nature

Arrivé l'été 2012 en provenance de sa Nouvelle-Zélande natale, Jack McPhee s'est très vite imposé comme l'un des meilleurs arrières de la Pro D2.

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Discret ? C'est peu de le dire. Depuis qu'il est arrivé en France et dans le Cantal, durant l'été 2012, Jack McPhee fait très peu parler de lui. D'ailleurs, c'est l'un de ses traits de caractère. Jack est un homme simple, heureux de vivre, qui privilégie le collectif à l'individualisme. Un vrai rayon de soleil dans ce milieu car l'arrière du Stade aurillacois a toujours la banane.
Reconnu par le championnat comme l'un des meilleurs à son poste, Jack McPhee, 32 ans, a donc lâché sa Nouvelle-Zélande natale voici sept ans "pour tenter une expérience à l'étranger". Pas d'idée bien précise, juste histoire de découvrir un autre monde, une autre culture à travers son rugby qu'il aime tant. "En fait, c'était très bizarre. C'est Jeremy (Davidson, entraîneur de Brive aujourd'hui) qui m'a écrit sur Facebook pour savoir si cela m'intéressait de venir jouer en France. Et j'ai dit oui", sourit-il.

Un nouveau challenge en France

Il ne connaît pas Davidson, c'est "un joueur avec qui j'ai joué en Nouvelle-Zélande qui connaissait Jeremy..." et voilà comment le grand rouquin de 1,88 m et 92 kg débarque dans le Cantal. "J'étais vraiment excité à l'idée de ce nouveau challenge car cela faisait six ans que j'évoluais au même niveau en Nouvelle-Zélande. Et comme je n'avançais pas, du coup j'étais content d'aller voir ailleurs."
Tout Aurillac se rappelle de cet inconnu, cette arrivée improbable, venue de nulle part... Tout comme tout le monde se rappelle de son premier match amical et d'un feu follet à l'arrière qui, comme on dit vulgairement, "pue le rugby", qui relance à peu près tous les ballons, qui s'éclate sous les chandelles et qui n'hésite à mettre le nez dans le gazon. Une vraie pépite qui s'impose dès son arrivée en 15.

L'intégration est alors rapide. Il apprend le français, se fait des potes avec le rugby et, comble du comble, débarque dans une région où la nature est prédominante, les gens plutôt calmes et avec "la truffade que j'adore. J'adore manger". Que du bonheur ! À Aurillac, Jack se plaît aussi à jouer "car ici, on aime ça, alors que d'autres équipes ne jouent que le rugby des avants avec le 9 ou le 10 qui ne font que taper". D'un autre côté, il reconnaît aussi que "le temps ici nous empêche parfois de jouer. Quand il neige entre novembre et février c'est un peu plus difficile", rigole-t-il. Côté santé, rien à signaler, sauf il y a deux ans, des protocoles commotions un peu trop souvent.
"Cela fait partie du rugby. Il faut toujours faire attention bien sûr, mais depuis ces épisodes, je vais très bien, ma tête va bien. Moi, je ne m'inquiète pas, en revanche, si tu parles avec ma copine et ma mère, elles vont tenir un discours différent. Et je ne te parle même pas de ma grand-mère", lâche-t-il, toujours avec le sourire aux lèvres. Car Jack McPhee est "bien dans le Cantal, avec ma copine qui est d'ici en plus. Mon avenir, je le vois à Aurillac pour l'instant. Après, on ne sais jamais". Il discute en ce moment même avec le président Millette sur une éventuelle prolongation.
Si Jack aime le Cantal, sa famille et ses potes lui manquent quand même. "Ma famille est déjà venue me voir, pas mes potes." C'est pour l'instant le seul regret de son aventure cantalienne. Ah si, il a adoré aussi vivre les phases finales. "Ce serait vraiment super de revivre ce genre d'événement", avoue-t-il du bout des lèvres.

Jack McPhee se plaît dans le Cantal. Au-delà du rugby, le Néo-Zélandais aime aussi la nature et la tranquillité.
Jack McPhee se plaît dans le Cantal. Au-delà du rugby, le Néo-Zélandais aime aussi la nature et la tranquillité. - © P. O.

Vu par les autres

Aussi timide dans la vie que volontaire sur le pré, Jack McPhee fait l'unanimité depuis son arrivée. Personne pour en dire du mal. "Jack, c'est quelqu'un que tout le monde adore, dans sa façon d'être, de se comporter. C'est un joueur de rugby, comme quoi un joueur peut être doux, attentionné. Il a ce côté rêveur, taiseux aussi, même s'il doit avoir du caractère, des convictions très fortes. Dans le jeu, cela reste un phénomène. C'est un joueur d'espaces et d'instinct", estime Thierry Peuchlestrade, son entraîneur, tout heureux "qu'aucun club ne nous l'ait encore pris".
Même son de cloche du côté du capitaine Paul Boisset. "C'est un bonhomme, un vrai. Il est très agréable, discret. C'est un peu le papi des trois-quarts, qui râle pas souvent. Il aime le rugby, le beau rugby et qui est là pour le rugby, pour s'amuser, pour se faire plaisir. Il prend la vie sans se poser de questions. C'est un bon mec, un très bon mec."
Pour le technicien comme pour le capitaine, Jack McPhee est quelqu'un de réservé, mais "qui ne s'enferme pas dans un coin, il communique, il parle", et se contente de l'essentiel. Pas besoin de longs discours pour être en capacité de s'exprimer. La vérité est sur le terrain. Pour le reste, ça le regarde. Jack, ce serait presque le joueur idéal pour un entraîneur car capable de jouer à tous les postes derrière. Peu démonstratif donc, c'est par le jeu qu'il vibre. C'est là qu'il est le plus à l'aise avec un très bon jeu au pied, une très bonne passe, l'envie d'aller de l'avant et au large le plus rapidement possible.
Dans quelques jours, il va pouvoir enfin lâcher les chevaux car la préparation d'avant saison, ce n'est pas trop sa tasse de thé, même s'il sait qu'il faut en passer par là. Bien évidemment, il attend avec impatience les premiers matches amicaux début août (Bourgoin, Stade Français et Narbonne), mais surtout le rendez-vous de Biarritz, le dimanche 25 août à Jean-Alric.

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