L'Union du Cantal 13 septembre 2006 à 00h00 | Par P.Piganiol

Fièvre catarrhale : pas de raison de s’affoler

Le point avec le président du GDS suite à l’apparition de cas de fièvre catarrhale dans le nord de la France.

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Michel Combes : “Le seul vrai risque est économique”.
Michel Combes : “Le seul vrai risque est économique”. - © L'Union du Cantal
En tant que secrétaire général de la Fédération nationale des groupements de défense sanitaire (FNGDS), Michel Combes, président du GDS du Cantal, a participé la semaine dernière au ministère de l’Agriculture à une réunion destinée à faire le point sur l’apparition en France de cas de fièvre catarrhale sur des bovins. Selon Michel Combes, il n’y a pas sur le plan sanitaire de raisons de s’affoler pour l’instant. Le seul risque important, si le Cantal ou des départements limitrophes venaient à être concernés, est économique. Il répond à nos questions.

L’Union - Peut-on craindre l’arrivée du virus dans nos régions ?
Michel Combes - Il n’y a pas de raison de s’affoler pour l’instant. Le cas le plus proche est à plus de 400 kilomètres à vol d’oiseau. Du fait de l’altitude et des températures, on peut penser que nos régions sont a priori moins exposées que d’autres. Même si l’apparition de ces cas est troublante : on nous prédisait l’arrivée de ce virus par le sud en évoquant le réchauffement climatique, il nous arrive par le nord, qui plus est sur des bovins, alors que c’est une maladie qui ne concernait pour l’instant que les ovins. On n’a notamment pas identifié pour l’instant le moustique piqueur vecteur de la maladie. Il faut donc rester vigilant et se préparer à réagir si cela arrivait.

L’Union - Le GDS a-t-il pris des mesures spécifiques ?
M. C. - Nous avons répertorié toutes les introductions de bovins pour vérifier qu’aucun ne venait des zones à risque, ce qui est aujourd’hui confirmé. Nous nous tenons par ailleurs prêts à intervenir, aux côtés de la Direction des services vétérinaires, pour conseiller et accompagner les éleveurs en matière de désinfection et de désinsectisation des locaux et animaux si un cas se présentait. Enfin, la FNGDS nous tient informés heure par heure de l’évolution de la situation.

L’Union - Y-a-t’il un risque pour l’homme ?
M. C. - Aucun. Seuls les ruminants peuvent être infectés. Même si vous êtes piqués par un moustique porteur du virus, vous ne risquez rien. Rien à craindre non plus pour les animaux domestiques autres que les ruminants. Il n’y a pas non plus de risque de transmission du virus par le lait ou la viande. Il faut savoir enfin que le virus ne se transmet pas directement de bovin à bovin, mais uniquement via le moustique vecteur.

L’Union - Le principal risque est donc économique ?
M. C. - Effectivement, l’apparition d’un cas de fièvre catarrhale s’accompagne de la mise en place de trois périmè-tres de protection. Dans le premier, qui s’étend sur un rayon de 20 kilomètres autour de l’élevage concerné, tout mouvement d’animaux (bovins, ovins, caprins) est interdit pendant cent jours. Le troisième périmètre, dans lequel les niveaux de restriction sont certes moindres, s’étend jusqu’à 150 kilomètres de l’élevage(1). Evidemment, si le Cantal était touché, ou concerné par un périmètre de protection lié à l’apparition d’un cas dans un département voisin, les conséquences seraient terribles sur le plan économique. Non seulement on ne pourrait plus faire sortir d’animaux mais, de plus, il faudrait les nourrir, ce qui ne serait pas sans poser des problèmes une année de sécheresse où il manque des fourrages.
Quatre cas répertoriés en France
Au 12 septembre, quatre cas de fièvre catarrhale sur des bovins avaient été identifiés : trois dans les Ardennes, un dans le département du Nord. Le ministère de l’Agriculture enregistre en moyenne deux à trois cas de suspicion par jour, dont un récemment dans l’Allier, finalement levé. Le Cantal avait quant à lui connu une alerte dans le courant de l’été 2002, mais cette fois sur des ovins à Chaliers : là aussi, la suspicion avait été finalement levée, mais avait provoqué la mise en place d’un périmètre de protection qui avait figé les mouvements d’animaux pendant 15 jours.

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