L'Auvergne Agricole 24 octobre 2017 à 08h00 | Par Sophie Chatenet

Etats Généraux de l'alimentation : « Une bonne approche à transformer dans les textes de loi »

S’il se félicite de la clarté affichée, mercredi dernier par le Chef de l’Etat, pour mettre fin à la guerre des prix, le secrétaire général adjoint de la FNSEA Patrick Bénézit estime que la vigilance doit rester de mise pour obtenir un encadrement législatif complet capable de ramener du prix à la production.

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Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA.
Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA. - © SC

Les annonces du Président Macron sont-elles conformes aux propositions émises par la FNSEA dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation ?

Patrick Bénézit : « Pour la première fois, nous avons une orientation au plus haut niveau de l’Etat en faveur du prix à la production. C’est un premier pas. Dès le départ, nos demandes ont été claires : faire en sorte que les règles commerciales évoluent profondément car jusqu’à présent ces règles ne poursuivaient qu’une ambition, celle de baisser les prix, pour soi-disant préserver le pouvoir d’achat du consommateur. Pour la FNSEA, les règles commerciales françaises et européennes ne doivent pas être faites pour baisser les prix mais pour protéger les prix à la production et donc le revenu des agriculteurs. Cela nécessite de construire le prix à partir de leurs coûts de production. Sur ce volet-là, le président de la République a été clair, affirmant vouloir mettre fin à la guerre des prix ».

L’approche de la problématique par filières vous semble-t-elle être la bonne ?

P.B. : « Un travail va effectivement être mené dans chaque filière pour aboutir à des propositions concrètes d’ici la fin de l’année. En conditionnant l’octroi des soutiens publics en faveur de l’investissement a un résultat sur le prix et les attentes sociétales, le président Macron met chacun face à ses responsabilités. Cette méthode qui oblige les acteurs des filières à répondre aux objectifs fixés sur le prix et les attentes du marché, nous paraît intéressante pour concrétiser l’acte politique ».

Sur le volet central de la règlementation, Emmanuel Macron a annoncé la promulgation d’une nouvelle loi, plusieurs évolutions règlementaires avec l’intention d’aller vite en procédant par ordonnances. A ce stade des arbitrages, comment garantir, selon vous, l’efficacité des mesures ?

« Pas de trou dans la raquette »

P.B. : « Sur les décisions règlementaires, la FNSEA sera extrêmement vigilante. Nous sommes convaincus qu’il faut bouger de nombreux textes de loi pour qu’il y ait un véritable effet. L’ensemble de la règlementation doit être modifiée, sans quoi la décision restera au stade de l’intention. L’encadrement législatif doit être fort pour ne laisser aucun trou dans la raquette. Par ailleurs, tous les agriculteurs sont évidemment prêts à répondre aux attentes sociétales, à condition que leurs produits ne se retrouvent pas en permanence en concurrence avec des contrefaçons, qui ne répondent pas aux mêmes exigences (qualité, sanitaire…) ».

Propos recueillis par Sophie Chatenet

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