L'Union du Cantal 14 juin 2017 à 08h00 | Par P.O./R.S.-A.

Législatives : En Marche” bouscule tout sur son passage

Bien qu’un peu moins marquée dans le Cantal, la tendance nationale impacte les résultats qui ont vu Vincent Descœur arrivé second et Pierre Jarlier éliminé.

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Un record historique est en passe d’être battu. Celui d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. Car ce qui est “En Marche”, c’est une véritable révolution de l’échiquier politique. Les candidats du mouvement créé par Emmanuel Macron pourraient en effet recueillir, à l’issue du second tour, entre 400 et 450 sièges. Soit davantage que la “vague bleue” qui s’était emparée du Palais Bourbon en 2007 (320 élus UMP sur 577 députés) et de la rose qui l’avait précédée en 1981. Plus que la refonte des partis traditionnels, l’électorat a, cette fois, clairement exprimé sa volonté de voir de nouvelles têtes prendre les commandes. Qui connaissait Emmanuel Macron deux ans avant son élection aux plus hautes fonctions de l’État ? C’est cette même logique qui prévaut dans les circonscriptions, où des candidats nouveaux dament le pion à des politiques installés de longue date. Ce que les observateurs ont nommé le “dégagisme”.

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Danemans : 1 250 voix et trois points d’avance

Le Cantal n’échappe pas à cette tendance nationale, notamment sur la première circonscription où avec 36,65 %, François Danemans (REM) - jusqu’alors seulement connu des Calvinétois qui l’ont porté à la mairie - fait mieux que Vincent Descœur (LR-UDI), ex-député qui préside l’Assemblée départementale depuis 2001 et qui a convaincu 32,97 % de l’électorat du territoire. Celui-ci relativise cependant ce résultat “au regard de la déferlante nationale qui a aussi atteint le Cantal, même si on a plutôt mieux résisté que d’autres candidats de droite dans ce pays”. En revanche, le candidat d’“En marche” n’est pas très surpris d’arriver en tête au premier tour : “C’était le ressenti qu’on avait des réunions publiques où l’accueil a été très bon et où les électeurs exprimaient leur volonté de ce renouveau démocratique qu’Emmanuel Macron a insufflé. Pour le second tour, je suis confiant mais également extrêmement prudent, car il y a eu 45 % d’abstention. Ce n’est absolument pas gagné, il ne faut pas sombrer dans une quelconque euphorie”, poursuit François Danemans, qui n’a pas “fêté” son score et repartait dès lundi faire du porte à porte avant une réunion publique jeudi 15 juin à 20 h 30 à la Vidalie à Arpajon-sur-Cère (lire ci-contre). Vincent Descœur a également programmé une réunion publique, la veille, dans la même salle : “Un peu plus de trois points et 1 250 voix d’écart, c’est une marche mais rien n’est joué, je vais m’employer à convaincre qu’au-delà de l’enjeu national, il faut faire le choix de celui qui représentera le département. J’en appelle à un débat sur ce thème avec le candidat d’En Marche. Je sais ce dont le Cantal a besoin, j’ai eu l’occasion d’avancer mes propositions, mes projets sur la 122, le rail, la formation (...). Il y aura besoin d’un groupe d’équilibre dans cette Assemblée”, plaide-t-il, non sans remarquer au passage le score historiquement faible du candidat socialiste “qui laisse à penser que cet électorat a fait le choix dès le premier tour du candidat de la République en marche”. À gauche en effet, le PS associé à Europe écologie les Verts emmené par Stéphane Fréchou, sombre à 4,65 % quand Alain Calmette avait recueilli près de 43 % en 2012. Tous les bureaux aurillacois, comme ceux d’Arpajon, ont basculé dans le mouvement En Marche. Malgré une campagne dynamique et rajeunie, les communistes plafonnent à moins de 3 % très loin derrière leurs ex-camarades insoumis qui passent la barre des 10 % bénéficiant de l’effet Mélenchon et de l’expérience militante de Thierry Bonhoure.

Avec 36,65%, François Danemans (REM) fait mieux que Vincent Descœur (LR-UDI), qui a convaincu 32,97% de l’électorat du territoire.
Avec 36,65%, François Danemans (REM) fait mieux que Vincent Descœur (LR-UDI), qui a convaincu 32,97% de l’électorat du territoire. - © UC

Quel report ?

À droite, François Vermande ne réussit pas son retour tandis que Marie-Claire Nather fait mieux que le candidat FN de 2012 avec 6,47 %. Quid du report des voix au second tour ? Le report des 6 000 voix de la gauche éparpillées est peu probable ou très partiel et risque de gonfler les rangs des abstentionnistes. Celles du FN et de François Vermande (3 621 au total) pourraient en partie bénéficier à Vincent Descœur mais à quelle hauteur ? Autre question : quelle sera l’attitude des 28 350 électeurs qui ne se sont pas déplacés au premier tour ? Réponse dimanche soir.

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