L'Union du Cantal 24 janvier 2007 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

“El Niño”... jusque dans le Cantal

Pourquoi cet automne et le début de l’hiver ont-ils été si doux ? La réponse se trouve peut-être à des milliers de kilomètres.

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El Niño : un phénomène planétaire.
El Niño : un phénomène planétaire. - © L'Union du Cantal
On peut parler d’un phénomène “exceptionnel”, pratiquement un record. Dix jours au-dessus des normales saisonnières ne sont peut-être pas représentatifs, mais les 21 jours consécutifs, entre le 31 décembre et le 20 janvier le sont, selon Jean-Pierre Lemarchand, responsable départemental de Météo France. Le département a enregistré des températures supérieures de 5° à 7° au-dessus des moyennes habituelles. Et déjà les mois de septembre, octobre et novembre sont qualifiés de “doux” par le spécialiste qui a relevé un écart positif d’au moins 3° sur la période, suivi encore d’une relative douceur en décembre, certes moins flagrante (quelques gelées marquées, mais des températures clémentes les après-midis).
Une douceur annoncée
“Nous ne sommes pas surpris, nous l’avions annoncé”, clame M. Lemarchand. Des prévisions à long terme sont en effet possibles grâce à la collaboration de cinq grands instituts mondiaux. “Quand quatre laboratoires affichent la même tendance, on affiche la tendance. C’est ainsi qu’un automne doux était prévu”, poursuit le technicien. Quant à l’explication de cette douceur hors norme, elle serait multiple. Avec entre autres, un réchauffement moyen incontestable (voir par ailleurs) et cette année... El Niño, littéralement “courant de l’Enfant Jésus”, ainsi nommé parce qu’il apparaît peu après Noël. Un phénomène climatique particulier qui se caractérise par une élévation anormale de la température de l’océan et qui revient tous les 7 à 9 ans.

Une influence tout au long de l’année ?
Le phénomène est marqué sur l’Est du Pacifique, de l’Amérique du Sud à la Californie. Inversement, les eaux superficielles de l’Ouest du Pacifique indonésien sont plus froides que d’ordinaire. Résultat, les vents dominants s’inversent. “La planète entière en enregistre les répercussions, avec un effet retard”, affirme Jean-Pierre Lemarchand. Un institut anglais est convaincu d’une influence sur l’Europe tout au long de 2007. Celui-ci pense en outre qu’après une succession d’années plutôt chaudes, cette année pourrait donc battre des records de chaleur sur la planète. D’où une rumeur persistante d’un été caniculaire... un raccourci rapide qui entretient la confusion. En milieu de semaine dernière, la station météorologique d’Aurillac annonçait déjà un épisode neigeux pour ce mardi, assorti de températures de nouveau de saison. Une rupture assez brutale qui rappelle à certains l’hiver 1956.

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