L'Union du Cantal 23 octobre 2013 à 08h00 | Par P.Olivieri

Écotaxe : la charge de trop pour l’agriculture

L’écotaxe poids lourds va plomber une activité agricole et agroalimentaire déjà fragilisée dans le Cantal, alertent la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs.

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Écotaxe, Natura 2000, trames bleues et vertes,... n’en jetez plus, la coupe est déjà largement pleine ! C’est le message qu’est allée porter au préfet lundi après-midi une délégation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs à l’issue d’un conseil d’administration de la fédération des syndicats d’exploitants où la grogne sur les nouvelles contraintes entravant la compétitivité et le développement des exploitations cantaliennes est montée de tous les cantons. Dans la ligne de mire des éleveurs cantaliens : l’écotaxe qui devrait entrer en vigueur au 1er janvier prochain et s’appliquer à tous les poids lourds (de + 3,5 T) circulant sur les routes de l’Hexagone. “Avec un impact terrible sur nos zones, tempête Patrick Bénézit, président de la FDSEA. Si ce projet-là passe, ce sera 5 à 10 % de coûts de transport en plus sur toutes les marchandises qu’on importe et sur tous les produits qui sortent de nos fermes.” Et encore une fois, c’est la double peine que dénoncent les deux syndicats : “D’un côté la réforme de la Pac nous oblige à conserver nos prairies naturelles et donc à acheter paille et aliment du bétail, de l’autre la France va taxer le transport routier. Or ici, on est loin de tout et on n’a pas de terminaux ferroviaires pour desservir nos fermes !”, enchaîne son benjamin des JA, Benoît Aurières.

Reportée au 1er janvier 2014, l’écotaxe sera acquittée par les transporteurs routiers, qui ne manqueront pas de la répercuter sur leurs clients. Au final, une charge de plus pour les élevages et un frein supplémentaire à leur compétitivité et à celle de leurs produits.
Reportée au 1er janvier 2014, l’écotaxe sera acquittée par les transporteurs routiers, qui ne manqueront pas de la répercuter sur leurs clients. Au final, une charge de plus pour les élevages et un frein supplémentaire à leur compétitivité et à celle de leurs produits. - © Union

“Qu’on nous laisse bosser !”

Conséquences : une nouvelle flambée des charges. “Appliquer 5 à 10 % sur des dizaines de millions d’euros de frais de transport, personne ne s’en relèvera, prédit le patron de la FDSEA. C’est quelque chose d’insoutenable pour l’économie agricole. Il en va une nouvelle fois de notre compétitivité et de celle de nos industries agroalimentaires dont la situation est aussi tendue... On veut mettre à terre le seul secteur d’activité non délocalisable qui souffre déjà énormément.” Dernier argument à ce réquisitoire : pourquoi la Bretagne et pas le Massif central ? “C’est ridicule ce qui s’est fait en Bretagne. S’il y a des régions qui doivent être détaxées ce sont bien les nôtres”, avancent les responsables cantaliens. Aussi ont-ils demandé au préfet que toutes les liaisons routières empruntées pour alimenter la ferme Cantal ou exporter ses produits, qu’il s’agisse de broutards, reproducteurs, fromages, charcuteries... soient dispensées de cette future taxe. En clair, que ce projet de taxation disparaisse purement et simplement des tablettes gouvernementales, comme le revendiquent FNSEA et JA. “Qu’on nous laisse bosser”, lâche François Bourgeon, délégué du canton de Champs-sur-Tarentaine. Avant que son secrétaire général, Joël Piganiol, ne brandisse la menace directe d’actions : “Il se parle d’installer un portique sur l’A75 pour l’écotaxe. Pour nous ce sera un symbole de la dérive administrative à la française, un symbole que nous démonterons”...

 

 

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