L'Union du Cantal 16 janvier 2015 à 08h00 | Par P.Olivieri

École de proximité : oui, mais pas pour tous

Le Cantal n’est pas le plus mal loti en termes de maillage scolaire d’après l’Insee mais les petits Cantaliens n’ont pas tous les mêmes facilités d’accès à la maternelle et au primaire.

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Les 2 750 écoliers habitant une commune sans école sont en moyenne à 9 minutes de la commune équipée la plus proche.
Les 2 750 écoliers habitant une commune sans école sont en moyenne à 9 minutes de la commune équipée la plus proche. - © B.Parret/CCPSFM

Près de huit enfants cantaliens sur dix dans la tranche d’âge 3-11 ans habitent une commune équipée d’une école. Un ratio qui reste de dix points inférieur à la moyenne nationale, mais le Cantal est loin cependant d’être le département le plus mal loti, explique l’Insee Auvergne dans une récente étude publiée en décembre et basée sur des données de 2011. Ainsi, dans 24 départements français, moins des trois quarts des enfants disposent d’une école dans leur commune de résidence. À ces 96 communes cantaliennes équipées d’au moins une école assurant tous les niveaux de la maternelle à la fin du primaire (soit 37 % des communes), s’ajoutent 35 autres communes qui proposent un service scolaire pour certains niveaux seulement de maternelle ou de primaire dans le cadre de RPI (regroupements pédagogiques intercommunaux) dispersés. Ce qui porte le ratio cantalien à 87 % des enfants bénéficiaires.


Que l’on soit de la vallée ou de la montagne...


Sans surprise, l’analyse de l’Insee montre  que  le  maillage  des écoles dépend fortement de la densité de population, elle-même liée à la présence  d’activités  économiques. De fait, l’aire urbaine d’Aurillac - qui s’étend de Carlat au Rouget et de Jussac à Vitrac (pour une  densité de 61 habitants/km2) - accueille près de la moitié des enfants cantaliens. Le maillage scolaire y est serré avec 54 % des communes dotées d’une école. C’est aussi vrai à proximité des pôles économiques cantaliens de plus petite taille, tels Saint-Flour, Mauriac, ou dans la proche Corrèze,Bort-les-Orgues. A contrario, les 98 communes des Monts du Cantal, du Cézallier, de l’Aubrac et de la Margeride ne comptent que huit écoles et sept RPI, alors que 9 % des enfants du département (âgés de 3 à 11 ans) y résident. Là aussi, le réseau scolaire est concentré dans les pôles de services les plus densément peuplés. L’étude s’est aussi intéressée au temps d’accès moyen à l’école pour les enfants habitant dans une commune non équipée en école. Un critère souvent évoqué lors des précédents débats autour de la carte scolaire cantalienne. Ce temps de trajet moyen reste néanmoins fictif car calculé sur la base du temps mis en voiture entre le chef-lieu de la commune de résidence et celui de la commune équipée. Ce qui ne correspond donc pas au temps réellement passé par les enfants matin et soir au gré des tournées des transports scolaires.


Jusqu’à une heure de trajet sur le Cézallier


Néanmoins, le temps moyen de l’Insee permet d’identifier des disparités territoriales d’accessibilité. Les 2 750 écoliers habitant une commune sans école sont en moyenne à 9 minutes de la commune équipée la plus proche. Un temps qui s’allonge avec l’étendue des bassins et leur relief(1). C’est le cas pour les petits Cantaliens résidant dans les secteurs des massifs de la Margeride, du Cézallier, de l’Aubrac : l’Insee chiffre à plus de 13 mn le temps d’accès pour les bassins scolaires de Chaudes-Aigues, Raulhac, Faverolles et Allanche. Mais c’est dans le bassin de Saint-Santin-Cantalès que ce temps de trajet est le plus long : près de 16 mn pour la vingtaine d’enfants du territoire concerné. Dans la réalité, il faut facilement multiplier par deux, voire six, ce temps de trajet théorique. Ainsi, selon la direction des transports du Conseil général(2), les écoliers cantaliens (du primaire) passent en moyenne 20 mn dans un transport scolaire collectif (40 mn pour les collégiens). Sur la commune de Saint-Saturnin par exemple, le premier écolier est prisen charge par le transporteur à 7 h 27 pour être déposé à l’école d’Allanche à 8 h 20 soit près d’une heure plus tard, indique Bernard Cuzol en charge des transports scolaires à la communauté de communes du Cézallier. Ce dernier relève par ailleurs, qu’il faut parfois ajouter au temps de trajet, le temps d’attente avant le début des classes : ainsi sur la tournée Montboudif-Condat, plusieurs rotations s’avèrent nécessaires, compte tenu de la capacité du car. Le premier écolier de primaire pris  en  charge  sur  Montboudif ne met que 9 minutes pour rallier son école à Condat mais, déposé à 7 h 31, il doit patienter une heure avant le début des cours.



(1) Le Cantal est ainsi le quatrième département métropolitain où les enfants en âge de fréquenter l’école résident à plus de 600 m d’altitude (690 m exactement en moyenne), derrière les Hautes-Alpes (940 m), la Lozère (798) et la Haute-Loire (720).


(2) Le Conseil général organise et gère letransport scolaire de 4 000 élèves cantaliens entre leur commune de résidence et leur établissement scolaire. Une coopération a été instaurée avec les 21 communautés de communes du Cantal qui assurent le rôle de Gestionnaire de proximité des transports scolaires (GPTS).


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