L'Union du Cantal 10 février 2010 à 15h55 | Par Sonia Molherat

Des vacances dans les fermes, sans papa ni maman

Développées depuis plusieurs années dans les autres départements, les vacances d’enfants à la ferme commencent à intéresser quelques agriculteurs du Cantal.

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Deux agricultrices de Haute-Loire, proposant les vacances d’enfants sont venues témoigner de leur expérience.
Deux agricultrices de Haute-Loire, proposant les vacances d’enfants sont venues témoigner de leur expérience. - © S.M.

Déjà présentes dans de nombreux départements, les vacances d'enfants à la ferme tentent de faire leur apparition dans le Cantal. Les vacances d'enfants à la ferme viennent enrichir l'offre du réseau Bienvenue à la ferme du département qui proposait déjà l'hébergement et la vente de produits. Le principe est d'accueillir des enfants (dès 4 ans) pendant les vacances scolaires ou les week-ends dans le cadre familial d'une d'exploitation agricole. L'objectif étant la découverte de la vie à la ferme. Soit... un certain dépaysement pour la plupart d'entre eux. "C'est comme si l'on avait une grande famille. Les enfants participent à la vie de l'exploitation. Dans une ferme, les activités sont toutes trouvées, entre la traite, les poules, les promenades à vélo, la baignade ou encore la tétée des agneaux, ils n'ont pas le temps de s'ennuyer", assure Maryse Font qui accueille des enfants sur son exploitation d'Auzon, en Haute-Loire.

Une pratique bien encadrée

Depuis 2007, un cahier des charges réalisé par le réseau Bienvenue à la ferme permet de définir le cadre, les règles et le contenu de ce type d'accueil. L'agriculteur a la responsabilité morale et physique des enfants durant l'ensemble du séjour, il doit donc souscrire à une assurance couvrant tous les risques potentiels. Les enfants doivent être reçus sans leurs parents malgré l'insistance de certains. "J'ai eu beaucoup de demandes de ce type mais les enfants deviennent souvent ingérables lorsque leurs parents sont présents, ils ne savent plus d'où vient l'autorité. En recevant des enfants difficiles, on sait qu'il est bon pour eux de sortir du cadre familial habituel", explique Michèle Pascal, agricultrice qui accueille également des enfants à Cerzat, en Haute-Loire. Il existe deux types d'accueil : celui d'enfants venant de foyers et d'autres qui vivent dans un cadre familial plus classique. "Il ne faut pas confondre vacances à la ferme et famille d'accueil ou maison de redressement : cela n'a rien à voir. Je fais très attention à garder une intimité familiale pour mes trois enfants, c'est important pour eux", confie Maryse Font.

 

Un investissement peu conséquent
Malgré une mise aux normes obligatoire, l'accueil d'enfants ne demande pas d'investissement considérable. Les sanitaires doivent être indépendants de ceux de la famille, des équipements de sécurité (détecteurs de fumée, extincteurs...) doivent êtres installés et des aménagements pour les chambres doivent être réalisés. Plusieurs enfants peuvent partager la même chambre s'ils sont du même sexe et de la même tranche d'âge et que chacun d'entre eux disposent d'un lit individuel (lits superposés autorisés) et d'un lieu de rangement. "Ça n'a pas représenté de gros travaux pour moi, juste une simple mise aux normes. J'ai une grande maison et deux de mes enfants ont déjà quitté la maison", explique Michèle Pascal. Selon une enquête réalisée par le réseau Bienvenue à la ferme, 74 % des adhérents aux vacances d'enfants à la ferme sont satisfaits de la rentabilité de l'activité. Aucun tarif règlementaire n'a été fixé. "L'accueil d'enfants représente près de cinq mois de salaire pour moi. Pour une journée, je demande 38 e par enfant", précise Maryse Font. Dans le Cantal, aucune structure de ce type n'a encore été créée, mais certaines sont en projet. "J'ai été licenciée de mon emploi de comptable, j'aide donc mon mari et mon beau-frère sur leur exploitation mais j'aimerais apporter une activité complémentaire pour notre Gaec", explique Patricia Armandet qui souhaite accueillir des enfants sur cette exploitation située à Saint-Anastasie, dans le Cézallier. Patricia Armandet a passé son BP REA (brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole) et les travaux d'aménagement de sa maison devraient être réalisés au printemps afin qu'elle puisse recevoir des enfants dès le mois de juillet. Les demandes d'agréments sont à adresser au relais Bienvenue à la ferme du Cantal. Elles passeront devant une commission qui décidera de la conformité du projet.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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