L'Union du Cantal 19 octobre 2011 à 14h25 | Par R. Saint-André

Des néo-arrivants enthousiastes, devenus ambassadeurs du Cantal

Une opportunité soudaine ou un changement de vie mûrement réfléchi, dans tous les cas, une large majorité des néo-Cantaliens n’échangerait pas sa place.

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Arnaud, jeune architecte à Saint-Flour, Patricia et Bernard, agriculteurs à côté de Salers, qui s’apprêtent à installer leur fils, et Martine l’épicière-restauratrice près de La Roquebrou partagent un point commun : ils ne sont pas nés dans le Cantal, mais ont récemment posé leurs valises dans le département pour y travailler. Comme tant d’autres fraîchement débarqués, ils sont invités à la journée d’accueil des nouveaux arrivants qu’organise le Conseil général le 21 octobre (voir ci-dessous). Des néo-Cantaliens satisfaits d’un choix qu’ils ne sont pas prêts de regretter. Ici, tout le monde l’appelle “Titine”. Autant dire qu’elle fait partie des figures d’Arnac. Pourtant, il y a quelques mois, personne ne connaissait encore Martine Puyraimond. Sa gouaille autant que son sourire, sa générosité et sa disponibilité ont fait mouche. Elle qui a si mal vécu sa période de chômage en région parisienne ne compte pas ses heures. Son établissement est ouvert tous les jours de la semaine, “jusque tard pour dépanner”. Sauf le jeudi, réservé au banquier ou au comptable.

Tertiaire, agriculture, commerce...

 

La décision de s’installer s’est prise en trois jours. C’est lors d’une session d’accueil d’actifs qu’elle a “flashé”, comme elle dit, pour ce petit établissement rural, dans une commune au nom singulier. Arnac et son maire, Michel Cabanes, la CCI et son conseiller Jean-Paul Aubret, ont rapidement été convaincus que l’alliance entre la détermination et l’enthousiasme dont Martine a fait preuve était un atout pour cette gérance communale. Elle est arrivée le 21 décembre ; le 7 janvier elle démarrait son activité. Elle se souvient, amusée, que son fournisseur incrédule avait du mal à imaginer qu’elle passerait si rapidement des fûts de bière et des paquets de café. “Je suis là pour créer du lien et on me le rend tellement bien”, concède Martine avant de retourner aux fourneaux préparer pour 11,50 E, un menu comprenant potage, entrée, plat, salade, fromage, dessert et même le quart de vin... Des recettes maisons et des produits locaux qui font le bonheur des clients attablés et celui de celle qui les sert, heureuse de lier projet professionnel et projet de vie. De même, parler du Cantal à Patricia et Bernard Masson, et leurs visages s’illuminent. Après avoir essuyé une expérience malheureuse dans les Alpes-Maritimes, le couple d’éleveurs déjà formé à l’agro-tourisme a trouvé ici la perle rare : “Je cherchais sur Internet une exploitation dotée de critères précis : une porcherie, un atelier de transformation aux normes, une habitation et un peu de foncier. Une seule offre correspondait, celle proposée par la ferme Al Païs de la famille Roquette.” C’était dans le Cantal, à deux pas de la cité touristique de Salers. La participation à une session d’accueil d’actifs en 2008 et la rencontre avec les élus, les responsables professionnels et les habitants ont fini de convaincre le couple, installé depuis début 2009. Désormais en Gaec, ils comptent s’associer prochainement leur fils actuellement en formation.

 

Des exemples parmi tant d’autres (de gauche à droite) : Martine Puyraimond, Patricia Masson et Arnaud Liberatore.
Des exemples parmi tant d’autres (de gauche à droite) : Martine Puyraimond, Patricia Masson et Arnaud Liberatore. - © RSA

Installation par l’emploi

 

Depuis, la vente directe des plats préparés ou charcuteries marche si bien que le rythme de deux à trois cochons abattus par semaine ne cesse de se densifier. Les produits originaux, comme le saucisson au maigre de porc où le gras est remplacé par du salers tradition (AOP au lait de race salers), côtoient les grands classiques comme le pounti ou le chou farci. Autant de produits qui savent séduire aussi bien une clientèle de passage sur le point de vente à la ferme (où l’on propose aussi les produits fermiers d’autres transformateurs), que des autochtones qui ont rapidement pris ici leurs habitudes. Patricia et Bernard Masson ont rapidement su bénéficier d’une vie sociale riche et, même si le travail les accapare beaucoup, ils partent découvrir les quatre coins du département dont ils sont tombés amoureux. Direction Saint-Flour. Jeune architecte, Arnaud Liberatore s’y est installé. C’est l’offre d’emploi qui en a décidé ainsi. Ce Lozérien a passé toute sa scolarité à Mende, avant d’intégrer l’école d’architecture de Clermont-Ferrand. Il en sort diplôme en poche, en juillet 2010 : “J’ai cherché un poste sur Clermont et passé quelque 200 agences... en vain.” C’est dans les annonces nationales de Pôle emploi qu’il trouve enfin son bonheur : “Je cherchais à rester dans la région et une offre de remplacement pour trois ans émanait de Saint-Flour, une ville dans laquelle j’étais passé une fois.” Bien accompagné, il trouvera un logement en ville par le biais du Comité pour le logement autonome des jeunes (Claj). C’est sa première expérience, son premier travail en tant que salarié. Après un premier entretien en janvier 2011, il a été tout de suite engagé par l’atelier d’architecture Clef de voûte, que dirige Marc Escande. Quatre architectes dessinateurs et deux secrétaires y travaillent. Arnaud a essentiellement en charge des projets industriels pour des chantiers répartis sur tout le Massif central. “Et, reconnaît-il, l’immersion a été assez rude car le monde du travail est très différent de celui des études. Il faut être opérationnel, du plan d’urbanisme jusqu’au diamètre de la tuyauterie de la salle de bain”... En résumé, pour lui, cette première expérience passée dans le département porte ses fruits : aidé en cela par une intégration facilitée par la qualité de l’accueil reçu, il admet que “c’est vraiment une bonne école”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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