L'Union du Cantal 07 septembre 2005 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Des chasseurs garants de la bonne gestion du gibier

La nouvelle saison de chasse s´ouvre plutôt sous de bons auspices dans le Cantal. Le gibier est varié et abondant. Seuls les dégâts causés par les sangliers dans les cultures et prairies contrarient chasseurs et agriculteurs.

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Le jour même de l´ouverture de la chasse au sanglier, le président des chasseurs du Cantal arborait un large sourire. Jean-Pierre Picard se félicite d´un peu plus de considération : "La loi de février 2005 reconnaît les chasseurs comme acteurs essentiels des territoires ruraux". D´autant que les chasseurs restent très nombreux dans le Cantal : près de 9 150. Il faut dire que, dans le département, le gibier est varié et relativement abondant. Le sanglier par exemple. L´an dernier, 1 654 ont été tués. Le président Picard se souvient qu´il y a moins de 20 ans, on n´en tirait pas plus de 350... De fait, la cohabitation entre ce gibier et l´activité agricole s´avère plus délicate. Il revient à la fédération départementale de chasse une mission de service public : celle d´indemniser les exploitants agricoles victimes des dégâts du gibier. Et cette année, les estimateurs chargés des évaluations ont du travail, entre la sécheresse qui a poussé les sangliers vers les cultures restées vertes (maïs) et l´invasion des vers blancs, les dégâts sont assez nombreux.

100 000 euros d´indemnités

Jusqu´à présent, la fédération s´est toujours refusée à différencier les chasseurs selon le gibier traqué. Mais si la tendance persiste, Jean-Pierre Picard pense devoir instaurer le principe d´un timbre spécifique à la chasse au sanglier, afin de collecter suffisamment pour indemniser les victimes de dégâts. L´an dernier, pas moins de 100 000 euros avaient ainsi été distribués. Chez les forestiers, ce sont plutôt les cervidés qui inquiètent. Depuis un peu plus de dix ans, agriculteurs, sylviculteurs et chasseurs ont défini d´un commun accord trois zones dans le Cantal. Une gestion qualitative des cerfs et des biches permet de préserver les espèces dans leur milieu naturel. Dans une zone périphérique, la population des grands cervidés est gérée à la demande. Après quoi, dans tout le reste du département, où ces animaux ne sont pas souhaités, on parle de "zone blanche". Le directeur de la fédération départementale des chasseurs, Jean Nicolaudie, se réjouit d´une concertation entre personnes ayant parfois des intérêts contraires, mais qui se mettent d´accord pour l´intérêt général.

Un gibier abondant

Pour mémoire, le tableau de chasse départemental de l´an dernier, conformément au plan préalablement établi, est impressionnant : 1 033 cerfs ou biches, 5 304 chevreuils, 122 chamois (sur 183 inscrits au plan) et 28 mouflons (sur 60 autorisés). A cela s´ajoutent plus de 16 000 faisans, presque autant de grives, 7 000 perdrix, 5 000 lièvres. "Le lièvre, c´est le gibier de base de notre département", estime le président Picard. Chez nos confrères de la presse cynégétique nationale, il évoque le caractère "patrimonial" de cette chasse au chien courant, "garante d´un lien social en zone rurale".

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