L'Union du Cantal 14 décembre 2010 à 14h41 | Par Sophie Giraud

Déclin démographique : l’Auvergne sortie d’affaire ?

Depuis 2000, l’Auvergne ne perd plus d’habitants. Mieux, elle en gagne et cela devrait durer au moins jusqu’en 2040, selon les projections de l’Insee.

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Vieillie, en déclin, en proie à une désertification galopante. Si de nombreux observateurs se plaisaient à dresser ce tableau peu flatteur de l’Auvergne, c’était forcément avant les années 2000. Car depuis, la région s’est refait une santé… démographique. “La décennie 2000 a marqué le retour de la croissance de la population auvergnate. En 1999, après deux décennies de baisse continue, l’Auvergne et le Limousin étaient les deux régions synonymes du déclin démographique. Dix ans plus tard, cette image n’est plus d’actualité”, explique Vincent Vallès, de l’Insee. Les arrivées de population ont été le principal moteur de ce rebond démographique, dans un contexte de mobilité accrue sur l’ensemble du territoire. Le bilan migratoire, équilibré ou déficitaire au cours des 30 années précédentes, est désormais favorable dans tous les départements auvergnats. Alors simple sursaut conjoncturel ou mouvement plus profond qui pourrait s’inscrire dans la durée ? Selon l’Insee, il y a fort à parier que l’Auvergne s’oriente durablement vers la croissance démographique. En effet, à l’horizon 2040, au regard d’un scénario central qui reconduit les tendances démographiques observées sur la période 2000-2008, l’Auvergne comptabiliserait 1 447 600 habitants, soit 8 % de plus qu’en 2007.

Des gagnants... et les autres

 

Fortement corrélé à leur attractivité propre et au vieillissement de leur population, le dynamisme démographique serait inégal selon les départements. La hausse projetée profiterait ainsi à la Haute-Loire et au Puy-de-Dôme. Avec une fécondité élevée, supérieure à la moyenne nationale, et une forte attractivité résidentielle, tous les indicateurs démographiques de la Haute-Loire sont au vert. Le département profite de sa position géographique privilégiée pour attirer les jeunes ménages qui quittent l’agglomération stéphanoise. À l’horizon 2040, selon les scénarios envisagés par l’Insee, la patrie de la lentille verte pourrait voir sa population augmenter de 12 à 24 % par rapport à 2007. Autour du poumon démographique que représente Clermont-Ferrand, le Puy-de-Dôme devrait lui aussi tirer son épingle du jeu, avec toutefois un bémol, lié au taux de fécondité. “En 2007, avec un taux de fécondité de 1,75 enfant par femme, le Puy-de-Dôme se positionnait parmi les départements français les moins féconds. C’est donc le département pour lequel le taux de fécondité possède la plus forte marge de progression”, précise Vincent Vallès. Situation plus complexe pour l’Allier et le Cantal. Dans ces deux départements, le renouveau attractif constaté ces dernières années ne serait pas suffisant pour contrecarrer la décroissance démographique, mais il la limiterait fortement. De 2007 à 2040, toujours selon le scénario central de l’Insee, l’Allier perdrait ainsi 2 % de sa population, et le Cantal 1 %. Les deux départements feraient ainsi partie des sept départements français orientés à la baisse ces 30 prochaines années. À l’image des départements ruraux métropolitains, les mouvements migratoires de l’Allier et du Cantal se caractérisent toujours par des arrivées de personnes proches de la retraite et par un net déficit de jeunes entre 18 et 25 ans (voir ci-contre).

 

Le solde naturel contribuera moins qu’au cours des 30 dernières années à la croissance démographique.
Le solde naturel contribuera moins qu’au cours des 30 dernières années à la croissance démographique. - © © Réussir SA / Stéphane Leitenberger.

Plus nombreux mais aussi plus vieux…

 

En Auvergne, comme au niveau national, le dynamisme démographique s’accompagnerait d’un vieillissement significatif de la population. À l’horizon 2040, selon tous les scénarios étudiés, la progression du nombre de seniors devrait s’accélérer au fur et à mesure de l’avancement en âge des générations des papy-boomers, nés après la seconde guerre mondiale. L’Auvergne est l’une des régions les plus âgées de France, avec une moyenne de 42,2 ans en 2007, contre 39,2 ans pour la moyenne nationale, et elle devrait le rester. En 2040, la moyenne d’âge auvergnate atteindrait 46,3 ans, dépassant encore de trois ans la moyenne nationale. Les conséquences du vieillissement de la population devraient être fortes. Ainsi, face à l’augmentation du nombre de personnes âgées, la tranche des 20 à 59 ans, cœur de la population active, se contracterait de 9 %. L’ampleur de cette baisse de ressources en main d’œuvre serait fortement marquée dans l’Allier et le Cantal. Dans ces deux départements où l’attractivité est plus limitée, elle pourrait avoisiner les 20 %.

 

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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