L'Union du Cantal 12 mai 2010 à 16h13 | Par P. Olivieri

Crise économique : l’atypisme cantalien

L’ordre régional a planché sur les moyens de faire face à la crise et de rebondir.

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Gérer c'est prévoir, le vieil adage n'a pas pris une ride et fait même un retour en force en ces temps de crise. Prévoir et anticiper : ces deux mamelles d'un bon chef d'entreprise étaient ainsi au cœur de la journée de la Relance organisée le 6 mai simultanément à Aurillac et dans les trois autres départements auvergnats par l'ordre régional des experts comptables, en partenariat avec le réseau des CCI. Pourtant, "la culture de l'anticipation manque" a déploré André Delmas, vice-président de l'ordre régional, au cours de la table-ronde sur les solutions pour favoriser la relance économique, proposée à l'issue des ateliers de cette journée. Comme lui, Géraud Delpuech, rapporteur d'un atelier, a insisté sur la panoplie d'outils mobilisables avant que les difficultés d'une entreprise ne prennent un caractère irréversible : échéanciers de paiement consentis par les services de l'État, médiateur du crédit, mandataire ad hoc et procédure de règlement amiable à envisager avec le président du tribunal de commerce... Autant de conseils précieux qui n'ont pourtant bénéficié ce 6 mai qu'à une petite vingtaine de chefs d'entreprise et d'experts comptables présents à cette soirée. À croire que la crise n'est pas le sujet passionnant du moment ou que le tissu économique cantalien est définitivement tiré d'affaire... Pas si sûr. En effet, cette table-ronde a eu le mérite de dresser un point d'étape sur la situation cantalienne 24 mois après les prémices du marasme financier outre-Altantique. Une situation résumée très clairement par le préfet Mourier : "Le Cantal a été plus tardivement touché, moins fortement et en sort peut-être dans de meilleures conditions mais restons très très prudents."

Cette journée de la Relance était organisée simultanément dans les quatre départements d’Auvergne.
Cette journée de la Relance était organisée simultanément dans les quatre départements d’Auvergne. - © P.O.

Résistance et opportunité

Et André Delmas de partager, en partie du moins, l'analyse du représentant de l'État : "Il faut se garder d'une fausse sérénité. La crise a certes été atténuée par la structure économique du département mais je ne vois pas de rebond dans le Cantal, les difficultés sont encore devant nous". Quid justement de la "casse" qu'aurait générée la crise pour l'économie cantalienne ? "À notre connaissance, aucun des dossiers que nous avons eu à gérer au tribunal n'a été fatalement lié à la crise. Ceux dont on parle actuellement ont d'autres origines, diverses et variées", a répondu franchement Roger Brumel, président du tribunal de commerce, nuançant cependant son propos pour le secteur agricole, directement impacté par une crise sectorielle. Pour l'ensemble des intervenants donc, celle-ci n'aurait eu qu'un effet amplificateur d'une fragilité préexistante de certaines entreprises. Alors, comme le veut la traduction chinoise du mot crise, la crise aurait-elle été aussi une opportunité pour certaines entreprises ? Sans doute, estime le directeur adjoint d'Oséo Auvergne, lequel a indiqué que l'établissement public n'avait jamais autant accompagné de projets innovants en Auvergne qu'en 2009. "Ces entreprises en ont profité pour se diversifier, aller à l'international, bref pour préparer le rebond". Un constat qui donne à méditer tout comme celui dressé par le préfet : "La structure économique cantalienne, perçue en période de croissance comme une vraie faiblesse, s'est avérée en période de crise comme un facteur de résistance. C'est un enseignement à méditer, un équilibre à ne pas rompre", analysait Paul Mourier. Avec un bémol pour l'avenir : ces entreprises ont fait face en mobilisant leurs fonds propres et optimisant les différents dispositifs mis en place par les pouvoirs publics. Il y a donc urgence à ce que les ébauches de reprise qui se sont faites jour se concrétisent. "Le signe majeur de la reprisesera quand les entreprises réinvestiront, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a ponctué P. Mourier.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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