L'Union du Cantal 21 mars 2019 à 08h00 | Par P.Olivieri

Coptasa : la sécurité sanitaire comme priorité

Si la campagne 2018a été épargnée par les pépins sanitaires, mais pas par la sécheresse, la vigilance est plus que jamais de mise pour les responsables de la coopérative de transhumance.

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Un peu plus de 4 000 bovins ont été estivés en 2018.
Un peu plus de 4 000 bovins ont été estivés en 2018. - © Coptasa

utopie, comme l’a montré l’épisode IBR(1) de 2017, la Coptasa s’attache depuis de nombreuses années déjà à minimiser les risques sanitaires liés au mélange d’animaux dans ces deux unités d’estives collectives. Après avoir exigé la garantie de bovins non IPI(2) (via une prise de sang) pour la BVD(3), depuis la campagne 2018, seuls les animaux issus d’élevages indemnes ont pu transhumer à Pradiers et Récusset. Seule dérogation accordée, “à titre très exceptionnel”, a précisé le directeur de la coopérative de transhumance vendredi lors de l’assemblée générale : celle dont ont bénéficiée quatre adhérents qui avaient perdu en 2017 leur statut indemne IBR à la descente d’estive et qui n’ont pu retrouver ce statut en 2018. Avec une série de précautions cependant : les bovins en question ont dû justifier d’un résultat IBR négatif sur un prélèvement réalisé à partir du 15 avril 2018, ils ont été isolés sur des parcelles à double clôture et la Coptasa a effectué à sa charge une seconde prise de sang trois semaines après la montée.

La besnoitiose sous surveillance


Ces mesures et ce nouveau règlement sanitaire ont permis une saison sereine et les administrateurs ont acté pour cette campagne 2019 de lever l’obligation de prise de sang après le 15 avril. “Le risque le plus important de contamination se situe à la mise à l’herbe, dans les 15-21 jours avant la montée, période que la prise de sang ne couvre pas”, a indiqué Laurent Bouscarat,
propos confirmés par Frédéric Aymar, directeur du GDS. Sachant qu’à ce jour,  83 % des élevages bovins du Cantal sont reconnus indemnes IBR - contre 45 % en 2016. “Plus la prévalence de la maladie diminue, moins il y a de risque”, a souligné le responsable du GDS, préconisant cependant pour tout achat - y compris auprès d’un élevage indemne - de faire pratiquer une prise de sang.
Une précaution qui vaut pour une autre menace sur laquelle la Coptasa se veut très vigilante : la besnoitiose. Transmise par un insecte piqueur, cette maladie de la peau d’éléphant avec fièvre, oedèmes et perte de valeur économique de l’animal, est en train de remonter du Sud de la France et des cas ont été recensés dans le département, comme l’a confirmé Laurent Laraillet,
vétérinaire conseil à Altitude. La montée en estives est jugée trop proche pour introduire des mesures relatives à cette maladie dans le règlement sanitaire pour la campagne 2019, “mais ce sera un sujet de discussion d’un prochain conseil”, a indiqué le président, Georges Lours.
Cette rigueur sanitaire, doublée d’un gardiennage attentif,  s’est traduite par une mortalité négligeable : seules huit pertes à déplorer en 2018 (13 en 2017), sur un effectif total de
4 013 bovins (soit 0,20 %).
Pour autant, la campagne écoulée a été tout sauf un long fleuve tranquille avec, après les rats, un épisode de sécheresse intense qui n’a pas épargné les Monts du Cantal et l’unité de Récusset, d’ordinaire habituée à recevoir les orages. Alertés début août  d’un risque de pénurie fourragère, les administrateurs de la Coptasa ont pris la décision de solliciter  un certain nombre d’adhérents pour leur proposer de redescendre leurs bourrettes dès début septembre en bénéficiant d’un avoir sur leur pension au prorata temporis. “On savait qu’en gardant tous les animaux, on ne passerait pas”, a indiqué le président.

Après les rats, la sécheresse


Même si elle a été jugée un peu tardive, cette initiative a été bien accueillie et tous les éleveurs
sollicités y ont donné suite permettant une descente anticipée de 217 animaux, dont 180 bourrettes. Ce nouvel épisode fait dire à la Coptasa qu’elle a eu raison d’enclencher depuis deux ans une baisse de chargement. “Même si le départ de la végétation est plus précoce, dans la campagne, il y a un moment où la pousse de l’herbe ne se fait plus, a relevé Laurent Bouscarat. C’est une réalité à prendre en compte dans la gestion du pâturage et du chargement.” L’occasion pour lui de rappeler que le règlement de la coopérative garantit 130 jours d’estives et qu’en montant une semaine plus tôt, ce seuil est atteint début octobre. L’occasion aussi de tordre le cou à la rumeur qui voudrait que certains adhérents soient privilégiés : “La montée anticipée a concerné trois lots sur Récusset dans un secteur accessible uniquement à pied, qui mobilise les gardiens. On a donc, pour des questions logistiques, organisé une montée anticipée pour libérer ensuite les gardiens.”


Transfert de DPB


Note positive pour la coopérati-ve : l’accueil en 2018 de 18 nouveaux adhérents, dont 5 jeunes agriculteurs (dont le projet d’installation a été conforté via la mise en estives), portant à 203 le
nombre de sociétaires actifs (estivant). Ce sont parallèlement 29 arrêts - temporaires (liés à la perte du statut indemne IBR) ou définitifs qui ont été enregistrés. Des mouvements qui ont un peu compliqué la gestion administrative de la Coptasa, a confié son directeur, évoquant le travail  réalisé pour transférer les DPB (droits à paiement de base, aides Pac) activés sur les hectares de la Coptasa par les ex-adhérents aux nouveaux. Une démarche rendue possible par le seul volontariat des premiers. En 2018, douze cessions de DBP ont ainsi pu se faire au profit de nouveaux adhérents, les jeunes agriculteurs bénéficiant pour leur part de DPB de la réserve nationale. Avec, à la clé, en déduisant la valeur de ces DPB, un prix de pension largement atténué pour les éleveurs estivant. Mais en aucun cas, a fait valoir le président, la Coptasa n’entre dans une négociation marchande de ces droits. “Ce n’est ni notre rôle, ni notre souhait.”

(1) À l’automne 2017, un certain nom-bre de bovins s’était avéré positif à  la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) à leur retour d’estives.
(2) Infectés permanents immunotolérants.
(3) Diarrhée virale des bovins ou maladie des muqueuses.

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