L'Union du Cantal 03 janvier 2018 à 08h00 | Par Jean-Marc Authié

Conseil départemental : Bruno Faure obtient le quasi consensus sur le budget

L’assemblée départementale a adopté, la semaine dernière, le budget primitif de 241,25 M€ par 27 voix pour et trois abstentions.Mais certains échanges ont été virulents.

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Le vote du budget est toujours un moment privilégié par les conseillers départementaux pour refaire le monde, du moins celui de leur territoire. La semaine dernière, ils ont ainsi adopté un budget primitif 2018 de 241,25 M€ à une très large majorité de 27 voix avec trois abstentions(1). En tout début de session, jeudi, le président Bruno Faure avait évoqué un “Département présent et ambitieux dans de nombreux domaines d’actions” et souhaité que “nous partagions tous l’essentiel de nos engagements en faveur des Cantaliens”. Un dernier vœu quasi exaucé avec cette fois - contrairement à l’an dernier - l’adhésion du Roc (rassemblement et ouverture pour le Cantal) et du GRD (groupe du rassemblement démocratique.

Bruno Faure, président du conseil départemental du Cantal.
Bruno Faure, président du conseil départemental du Cantal. - © J.-M. A

À deux doigts “de l’incident diplomatique”

Mais la majorité départementale n’est pas loin d’être passée près de l’incident “diplomatique” avec une première sortie de Jean-Antoine Moins qui n’a pas plu à l’opposition. L’élu d’Aurillac 2 notait que “face à l’état financier de la France, il y a deux attitudes : soit essayer de faire preuve de responsabilité, soit être démagogique. Il me semble que les Français aujourd’hui ont besoin d’un peu de sérieux et d’une certaine unité. Cette unité n’empêche pas les divergences”. “Ce n’est pas parce que l’on est opposé politiquement que l’on est obligé de voter contre... (...). Il ne faut pas avoir peur”. Cette première sortie vaudra quelques minutes plus tard des répliques acérées. Tout d’abord de Bernard Delcros (Roc, Murat). “Nos décisions, nous les prenons par nous-mêmes, en conscience et en fonction du fond.” Puis d’Alain Calmette (Groupe PS, Aurillac 3) qui demande à l’élu d’Aurillac de faire preuve “de la même responsabilité dans toutes les collectivités locales auxquelles il participe”. Encore plus loin c’est Josiane Costes (GRD, Aurillac 3) qui réagit : “Je n’aime pas les amalgames. Le budget du Département, ce n’est pas celui de la Caba, cela n’a rien à voir (...). “Les propos de Jean-Antoine Moins m’ont gênée. Il est question depuis le début de ne pas faire de la politique politicienne et ça c’est de la politique politicienne.”

Le soutien du Roc et du GRD

Heureusement, auparavant, Roc et GRD avaient donné leur assentiment. Tout d’abord le Roc avec Céline Charriaud (Neuvéglise) qui rappelait l’abstention de l’an dernier sur un budget prévisionnel n’inscrivant pas “les crédits suffisants pour l’Apa, le RSA et la prestation handicap qui permettaient d’assurer les paiements sur neuf mois seulement alors que nous savions qu’il faudrait les financer sur douze mois”. Autre divergence de l’époque, “les investissements routiers ciblés alors que d’autres choix de travaux correspondaient au mieux aux attentes des territoires et nous semblaient plus pertinents” ou encore “les conditions de vente du Département du centre de vacances du Lioran”. Le Roc a depuis revu sa position “et pour deux raisons. La première c’est sa sincérité. Contrairement à celui de 2017, il (le BP 2018) prévoit d’honorer la totalité des dépenses obligatoires qui nous incombent ; par ailleurs, les engagements du Département en matière agricole, sportive, culturelle ou auprès des associations et des collectivités vont dans le bon sens, nous semble-t-il. Oui nous avons des points de divergences exprimés hier et souhaitons y travailler avec tous les élus, les services et nos partenaires. Nous approuvons également la nouvelle méthode de concertation par laquelle le Président consulte tous les groupes avant chaque session”. Au nom du GRD, Michel Cabanes notait que “les propos très pessimistes de quelques collègues concernant les aides de l’État ne sont pas de nature à rendre les Cantaliens optimistes au moment de voter ce budget”. Rappelant alors que 26 Départements “vont terminer l’année avec une épargne nette(2) négative. Le Cantal a lui une épargne nette positive, certes proche de zéro, mais encore positive”. L’élu de Saint-Paul-des-Landes rappelait que lors de la préparation du budget, “des annonces alarmistes nous laissaient prévoir des coupes sombres. Néanmoins, ont été conservés les aides aux transport des clubs sportifs, l’accompagnement des voyages scolaires dans les collèges, les journées de ski au Lioran, les sessions Bafa, les aides pour le sport scolaire Usep et UNSS, l’aide au permis de conduire pour les jeunes, les bourses...”. Des mesures qui ont donc rassuré le GRD, tout comme le fait de stopper les Étoiles du sport, réorganiser et recentrer les missions de Cantal destination sur la promotion du Cantal, “même s’il faudra mesurer les effets au bout d’un an de fonctionnement”. L’effort sur l’économie touristique a également été salué avec des projets concernant le Lioran, Caleden, les grands lacs, le Puy Mary... Une remarque également valable sur la voirie avec un programme important tant en nouveaux travaux, qu’en renforcement et entretien. Ce plébiscite sur le budget n’est cependant pas un blanc seing. “C’est encore un projet de budget équilibré avec quelques incertitudes. Je souhaite qu’à l’arrivée nous ayons de bonnes nouvelles. Nous avons au sein de cette assemblée besoin de donner une signe fort et plein d’espoir.” Le GRD a donc soutenu le budget dans sa majorité, tout en restant vigilant.

Le PS s’abstient

Ce ne sera pas le cas du Groupe PS. Gérard Salat (Saint-Flour 2) indiquait lui “une dégradation de la situation financière du Département”. Il énumère une épargne brute “diminuant d’année en année, ainsi que l’épargne nette”, “une capacité de désendettement qui s’allonge”, “un taux d’épargne qui se dégrade”... Pour le groupe, “le Département veut conserver un niveau d’investissement de 30 M€. Cela est possible par un emprunt estimé à 17,6 M€ pour équilibrer le budget et une aide de la Région de 5 M€ pour le contournement de Saint-Flour”, tout en reconnaissant que “seul l’encours de la dette diminue : 170 M€ en 2014, 164,2 M€ en 2018”, que “beaucoup de Départements font face à de nombreuses difficultés financières” et relevant le manque de compensation “de la part l’État des AIS (allocations individuelles de solidarité) : Apa à 39 %; APCH à 52 ,3 %, le RSA à 57 %”. Si le groupe PS reconnaît lui aussi “des aspects positifs” sur le volet social, culturel, sportif, développement numérique, l’appui aux territoires, il estime toutefois “que des économies sont encore possibles (Cantal destination, fonctionnement du Sdis...)”. Mais estime qu’il “aurait fallu faire des choix en 2015, au moment de la loi NOTRe. Le Département s’est opposé tout de suite et dans tous ces aspects à cette loi”. Alors pour ne pas avoir voulu réfléchir “aux possibilités offertes par cette loi”, ne pas avoir voulu “reconsidérer le champ de ses interventions” et se recen-trer “davantage sur les angles prioritaires” alors qu’un “redéploiement des compétences et des charges était encore possible”, ce maintien de compétences coûte que coûte “est un casse tête chaque année pour trouver où diminuer, où raboter”. D’où cette abstention.

 

(1) Christiane Meyroneinc, Gérard Salat et Alain Calmette. (2) C’est la différence entre l’épargne brute (résultat entre les recettes réelles de fonctionnement et les dépenses réelles de fonctionnement) et le remboursement du capital de la dette.

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