L'Union du Cantal 19 mars 2008 à 00h00 | Par Renaud Saint-André

Centraliment appelle à jouer collectif face aux cours de l’aliment

Avant sa réunion plénière du 27 mars prochain, Centraliment a tenu des réunions de secteur. L’envolée des prix de l’aliment a fait débat.

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“On peut prendre le pari que durant plusieurs années, on considérera que 2007 aura marqué une rupture entre deux ères économiques très différentes pour notre agriculture et notre élevage”. Les rapports présentés lors des assemblées de secteur de Centraliment ne laissent pas planer de doute quant à une situation nouvelle qui suivra la spectaculaire flambée des cours de l’alimentation du bétail. Selon la coopérative, l’explication de ce brusque retournement de marché tient à une situation mondiale. L’Europe, comme le reste du monde, a fortement réduit ses stocks de sécurité ou d’intervention.

Le rôle “tampon” des entreprises

Néanmoins, la coopérative est convaincue qu’en restant solidaires, les adhérents sauront “traverser les tempêtes passagères en gardant le bon cap, celui du développement maîtrisé”. Son directeur, Jean-Luc Doneys, insiste sur le rôle tampon que joue le marchand d’aliment. S’appuyant sur des graphiques, il démontre que la courbe du prix de l’aliment livré monte plus doucement que celui des cours des matières premières. “Parce que dans les produits vendus, certains éléments ont été achetés il y a plusieurs mois, voire jusqu’à un an plus tôt”, explique-t-il. Les hausses appliquées ont ainsi  été lissées sur six mois, pour atteindre un niveau cumulé d’environ 60 à 70 euros de plus pour la tonne d’aliment complet. Jean-Pierre Chateau, président de l’union de coopératives Altitude, souligne que ce qui reste possible en entreprise ne l’est pas lorsqu’on fabrique l’aliment à la ferme. “Ce qui explique aussi la situation délicate de certains éleveurs hors-sol, des ateliers porcins en particulier”, analyse-t-il. L’effet ciseau de l’augmentation brutale des aliments, conjuguée à une baisse du marché du porc(2) est notamment rappelé. Autre situation qui engendre une activité en baisse : l’élevage de bovins viande. Entre la crise sanitaire de la FCO et le récent blocage du marché italien des broutards non vaccinés, l’année tranche avec l’embellie constatée en 2005 et 2006. De nombreux éleveurs devront revoir leur stratégie. En ce sens, Centraliment estime avoir un rôle à jouer, mettant des techniciens à la disposition de ses adhérents pour adapter, si nécessaire, de nouveaux programmes d’alimentation. 

Des réunions de secteur avant l’assemblée générale plénière, animées par Jean-Luc Doneys (premier plan).
Des réunions de secteur avant l’assemblée générale plénière, animées par Jean-Luc Doneys (premier plan). - © R. S.-A.

Le moteur de la croissance a changé

Le secteur du bovin viande contribue au recul général d’activité. Les ventes d’aliments simples ont diminué de 19 % ; celles de l’aliment composé ruminant de 10 %. Un constat qui s’explique par l’abondance de fourrage après de bonnes conditions climatiques. Le secteur laitier, lui, se porte bien, estime la coopérative. “Depuis l’automne, nous constatons une augmentation de 25 % sur l’aliment vache laitière”, relève le président de Centraliment, Didier Chaumeil. La coopérative pense que les évolutions fondamentales qu’ont connues les marchés vont influer sur les métiers. “Les agriculteurs hésitent entre l’élevage laitier, astreignant mais capable de dégager un revenu fort à l’hectare, et un élevage de bovins viande plus souple, mais dont l’horizon s’obscurcit. Jamais les marchés mondiaux n’ont autant bougé”, ont constaté les responsables de la coopérative, à l’image de certains marchés qui composent désormais avec une forme de spéculation. Mais l’explication est plutôt dans le coût des transports, avec des produits qui traversent souvent l’Atlantique par paquebot. Tout le monde pense déjà à la campagne 2008-2009. S’il n’y a plus de jachère, il y a fort à parier que l’on sème plus de blé et de céréales. La coopérative conseille aux éleveurs laitiers de préparer les génisses qui rentreront en production à l’automne prochain en prévoyant des stocks fourragers suffisants en quantité, mais aussi en qualité.

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