L'Union du Cantal 23 septembre 2014 à 08h00 | Par R.Saint-André

Ce qui anime les francs-maçons de la Grande loge de France

Toujours associée à un fonctionnement secret, elle s’ouvre pourtant davantage : le Grand maître de la GLDF donnera une conférence à Aurillac, le 14 octobre, accessible à tous.

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Le grand maître de la Grande loge de France, Marc Henry, inter- viendra au Centre des congrès d'Aurillac le 14 octobre.
Le grand maître de la Grande loge de France, Marc Henry, inter- viendra au Centre des congrès d'Aurillac le 14 octobre. - © R.Saint-André

Le 14 octobre, la Franc-maçonnerie fête un anniversaire au Centre des congrès d’Aurillac : le “Sillon arverne”, l’antenne cantalienne de la Grande loge de France (GLDF), célèbre ses 30 ans. À cette occasion, le Grand maître de l’obédience, Marc Henry, donnera une conférence ouverte à tout public. Un moyen de réaffirmer la volonté d’ouverture et de mieux connaître ce que l’on appelle encore aujourd’hui une “société secrète”. Le grand maître de la Grande loge de France interviendra sur le thème “Construire l’homme pour construire la cité”.



Qu’est ce qui distingue la Grande loge de France des autres obédiences maçonniques ?


Marc Henry : “Ce qui caractérise la GLDF, c’est qu’il n’y a pas de débat politique ou religieux, même si chaque frère est prié de s’investir dans la cité. Notre travail, c’est de faire de profanes, des initiés, issus de toutes croyances, de toutes strates de la société civile. C’est ce que résume Kipling dans le poème de la Loge mère(1). Globalement, c’est retrouver les valeurs de “liberté, égalité et fraternité”. Et ce n’est pas gagné ! Car on se construit avec l’éducation que l’on reçoit et que l’on n’a pas choisie, mais qui nous enferme. L’idée est donc de changer le regard, sur soi-même et sur le monde : “connais-toi toi-même”, ça commence par là. C’est ensuite voir l’autre avec dignité, qui qu’il soit, d’où qu’il vienne. Voilà le fond de notre travail.”



Comment, concrètement, les membres peuvent-ils se montrer utiles ?


M. H. : “Il y 10 000 manières. En fonction de leur position dans la société, ça peut être dans un comité de  quartier, dans  une  ONG,  unsyndicat ou même un engagement politique. C’est un travail individuel qui découle du rite maçonnique(2). C’est œuvrer pour un progrès moral et spirituel de l’humanité. Il est écrit dans notre constitution que, dans sa quête de la vérité et de la justice, un franc maçon ne connaîtra aucune entrave, aucune limite. Nous sommes des   cherchants.”


La Grande loge est implantée depuis 30 ans dans le Cantal. La ruralité vous intéresse aussi ?


M. H. : “On se doit de s’intéreser à tout, puisqu’on cherche l’individu. Y compris dans des orients (NDLR : des associations locales) qui n’ont pas la même taille, mais toutes la même valeur ! La condition première, que l’on retrouve partout, c’est d’avoir un  grand  cœur  et d’être quelqu’un de sincère. Après, on ne demande aucun diplôme, et tous les corps de métiers sont les bienvenus, pas uniquement des professions intellectuelles. On peut très bien être artisan ou agriculteur et se poser desquestions. Chacun, qui qu’il soit, où qu’il  soit,  peut  essayer  de  faire avancer ou de rederesser des choses.”


Quelles seront les grandes lignes de votre intervention à Aurillac ?


M. H. : “Construire l’homme pour construire la cité”, c’est une invita- tion à changer de regard, une prise de conscience ; ce n’est pas un jugement. Et que l’homme paie sa pierre pour s’améliorer, se perfectionner dans son comportement, ses choix, dans la tolérence et le respect de l’autre.”


Et l’occasion de lever un coin du voile sur le secret maçonnique ?


M. H. : “La conférence sera ouverte à tout public, et absolument toutes les questions seront les bienvenues. Plutôt que “société secrête”, je préfère le terme de “société discrète”. Et d’ailleurs, elle ne l’est pas tant que ça, puisque les rituels sont tous en vente dans les librairies. Le seul vrai secret, c’est celui du vécu et chacun a le sien ; il n’est pas communicable. C’est un parcours individuel au milieu des autres avec son propre bagage intérieur. Pour autant, je ne suis pas sûr que nous autres, êtres humains, ayons conscience que nous sommes tous sur le même bateau. Celui d’un monde qui continue d’évoluer sur des paradigmes qui ne sont plus les bons. On en est à une gestion parcellaire- mon pays, mon groupe, ma religion - alors que les problèmes ne sont pas frontaliers, à l’image des problèmes climatiques, de l’énergie... Et pour l’économie, c’est la même chose. Il nous manque les outils pour gérer avec humanisme. Nos politiques ont bien du travail, car on fonctionne encore sur des vieux schéma de pensées : produire plus, consommer plus…  Et  pendant  ce  temps,  on assèche le bassin de fourniture et on y ajoute de la pollution.”


La Grande loge, c’est l’incitation à une nouvelle philosophie ?


M. H. : “C’est prendre du recul vis- à-vis du quotidien, pour réfléchir. Être franc-maçon, c’est passer du verbe avoir au verbe être.”



(1) “Dehors, on se disait : Sergent, Monsieur, Salut, Salaam. Dedans, c’était : “Mon Frère”, et c’était très bien ainsi.”

(2) La GLDF, ordre initiatique, travaille aux trois premiers degrés du “rite écossais ancien et accepté”, qui compte 33 degrés d’engagement.


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