L'Union du Cantal 22 août 2018 à 08h00 | Par R. SAINT-ANDRE

Alerter dès les premiers signes de l'AVC

L'hôpital d'Aurillac organise une journée de prévention de l'accident vasculaire cérébral. L'AVC fait chaque année 150 000 victimes, dont 30 000 décès, un chiffre en progression constante.

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"Ce n'est rien, d'ailleurs je ne ressens plus rien : c'est déjà passé !" Trop souvent, la victime d'une première alerte prend trop à la légère ces signes avant-coureurs d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Parfois, son entourage aussi. "Or, comme pour un infarctus, une prise en charge rapide limite les conséquences", rappelle Pascal Tarrisson, directeur du centre hospitalier Henri-Mondor, à Aurillac. Le docteur en neurologie, Nathalie Carrière, confirme qu'il faut agir tôt, d'où la nécessité de reconnaître des signes d'alerte : perte de sensibilité, troubles de la vue, du langage, visage qui se paralyse, impossibilité de bouger... "Il ne faut pas appeler son médecin traitant, mais directement composer le 15 !", insiste le corps médical. D'autant que l'hôpital d'Aurillac est équipé (douze lits) et travaille en réseau avec le CHU de Clermont-Ferrand. Cet automne, celui de Saint-Flour bénéficiera à son tour du service de télémédecine "TéléAVC".

La prise en charge

"Depuis 2014, nous envoyons les images réalisées par le scanner ou l'IRM à un référent au CHU de Clermont et agissons selon le diagnostic posé", résume le docteur Carrière. Cette course contre la montre - 4 h 30 maximum entre l'accident et les premiers soins - doit être engagée le plus rapidement possible, car en cas d'évacuation sanitaire d'urgence, le transport peut prendre du temps (une heure en hélicoptère). Sachant que le protocole médical n'est pas le même selon le type d'AVC : hémorragique (suite à une rupture de vaisseau sanguin) ou ischémique (arrêt ou insuffisance de la circulation sanguine en raison d'une artère bouchée, par exemple). Ces symptômes interviennent en particulier chez des sujets âgés. C'est d'ailleurs l'allongement de la durée de vie qui explique la progression du nombre de victimes : entre 2008 et 2014, le nombre de patients hospitalisés en raison d'un AVC a augmenté de 13,7 %. Chaque année, on dénombre 150 000 personnes victimes d'un accident vasculaire cérébral ; 110 000 nécessitent une hospitalisation ; 30 000 en décèdent. Ce qui fait de l'AVC la troisième cause de mortalité chez l'homme et la première chez la femme. En outre, c'est aussi la première cause de handicap "acquis" (après la naissance).

Agir vite peut sauver une vie et diminuer les séquelles.
Agir vite peut sauver une vie et diminuer les séquelles. - © T. Guillemot

Facteurs de risques

Le service de neurologie de l'hôpital d'Aurillac voit aussi dans ses services de jeunes victimes ainsi qu'un public présentant des prédispositions. "Comme le cholestérol ou le diabète, mais aussi les excès en tout genre : l'alimentation, le tabagisme, la sédentarité...", énumère Pascal Tarrisson. Avec l'objectif de sensibiliser sur une "prévention primaire", l'hôpital d'Aurillac organise le 7 septembre, à l'espace Hélitas, une journée d'informations et d'échanges sur le thème de l'AVC.

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