L'Union du Cantal 08 avril 2003 à 00h00 | Par Pascal Piganiol

Agriculture raisonnée - Est-ce bien raisonnable ?

Plutôt que d´engager tout de suite les agriculteurs cantaliens dans la démarche "agriculture raisonnée", la Chambre d´agriculture préfère mettre l´accent sur la Charte de qualité de l´élevage du Cantal, qui intègre les dispositions de la Charte nationale des bonnes pratiques d´élevage, et miser sur le développement des signes de qualité.

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"On ne peut pas dire non à une démarche présentée comme une réponse aux attentes de la société. L´agriculture raisonnée, on ne l´ignore pas, mais on la met un peu de côté pour l´instant, et on met l´accent sur les signes de qualité produits, et on essaie d´engager un maximum d´exploitations dans la charte de qualité de l´élevage cantalien" : telle est la conclusion qu´a tirée lundi le président Louis-François Fontant des débats de la session de la Chambre d´agriculture.A une quasi unanimité en effet, les membres de la Chambre d´agriculture se sont montrés réticents à la mise en oeuvre de la démarche "agriculture raisonnée", dont Thierry Bouleau, chargé de mission au Sidam, a rappelé les principes.Pas assez typée...Que lui reproche-t-on ? D´abord d´être une démarche très généraliste, normative et "uniformisante", en ce sens qu´elle va mettre toutes les agricultures, y compris celles des zones de montagne, sur le même plan. "Alors qu´on souhaite engager notre agriculture dans des démarches de différenciation qui valorisent", résumait le président Fontant. Ensuite, justement, de ne pas amener de valorisation supplémentaire en contrepartie des contraintes imposées (98 points de conformité) et des coûts qu´elles vont induire.Pour autant, pas question d´ignorer totalement l´agriculture raisonnée, qui risque de s´imposer demain comme une condition d´accès aux marchés, ont convenu les élus consulaires. Considérant que la Charte des bonnes pratiques d´élevage constituait en quelque sorte le volet élevage de la démarche agriculture raisonnée, ils ont donc décidé d´inciter les éleveurs à monter cette première marche, pour envisager seulement plus tard de proposer aux exploitations à rechercher l´agrément "agriculture raisonnée".Miser sur la charte de qualitéTous les efforts vont donc porter sur la Charte de qualité de l´élevage du Cantal qui, depuis 2000, intègre les préconisations de la Charte nationale des bonnes pratiques d´élevage. En plus de la Charte nationale, elle interdit tous les produits d´origine animale dans l´alimentation de toutes les espèces animales (alors que la réglementation interdit seulement les graisses et farines animales) et fait l´objet d´une certification sur le volet alimentation."2 500 agriculteurs, dont 1 500 producteurs de lait et 800 éleveurs viande sont aujourd´hui engagés dans la Charte, dont un millier l´ont signée après s´être mis en conformité", a expliqué François-Xavier Lebreton, directeur de l´EDE. "Dans les élevages laitiers par exemple, on se rend compte que moins de 30 % de ceux qui font le diagnostic sont immédiatement conformes", précisait-il, en rappelant que les producteurs engagés sous signe officiel de qualité devaient signer la Charte, de même que ceux qui ont contracté un CTE.Cette Charte pourrait d´ailleurs évoluer "pour que le Cantal garde une longueur d´avance" : ainsi, le comité de pilotage va-t-il réfléchir à bannir les produits OGM de l´alimentation des bovins.Pour plus d´informations, consultez L´Union agricole et rurale du 5 avril 2003.

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